Autocritique

Publié le par Plume

Avril 2009

Sortie du cadre de ce qu’il est de bon ton de critiquer : son patron, le racisme, le système, le président, la mondialisation, etc., la critique est souvent mal perçue : envers autrui, elle devient jugement, et ça n’est pas bien, ça, il ne faut pas juger !!

 

Adressée ouvertement à soi-même, elle est cataloguée au choix : mauvaise foi ou auto-flagellation, lesquelles sont toutes les deux aussi mal considérées l’une que l’autre, si ce n’est, parfois, amalgamées.

Pourquoi pas ?

La critique est une énergie, et même la plus accessible des énergies. On a beau s’en défendre et se récrier à qui mieux mieux, personne ne lui résiste, et tout se monde s’en régale plutôt, même, à plus ou moins haute dose. Qui oserait affirmer le contraire ? Elle alimente les conversations et les médias, les colères et les dégoûts, les conflits et les rumeurs, les exigences et les récriminations éternellement contradictoires de groupes - voire de populations - qui s’opposent et jamais ne font un pas l’un vers l’autre pour tenter de se comprendre mutuellement.

 

lle est facile, certes, mais aussi souvent approximative, rarement intelligente, et toujours de parti pris (mais rarement du meilleur ni du plus lucide). Et encore moins lorsqu’elle concerne soi-même.

Rien de bien reluisant, certes.

Il n’empêche. N’en déplaise aux bien-pensants, aux agacés ou aux sceptiques, mon esprit critique, j’y tiens et je le garde, tel qu’il est, car il m’enseigne peu à peu le discernement, me révèle à terme mes erreurs et pointe mes faiblesses. Il est le bâton de marche de ma volonté d’avancer, encore et toujours. Y renoncer me mènerait directement à m’engluer dans un immobilisme stérile, lequel m’inquiète bien davantage que de passer pour une hypocrite cherchant à se faire plaindre ou une masochiste.

La seule morale qui m’importe se confine aux limites de ce que ma propre conscience peut accepter. Les seules lois qui m’importent sont celles qui me paraissent, sur l’instant, les plus légitimes, même si elles varient sans cesse.

 

Toute vérité m’est bonne à dire ou à taire, peu m’importe également : seule compte ma liberté d’exprimer le contenu de l’instant, ou non, et de le regretter ultérieurement, éventuellement.

Sûrement, d'ailleurs.

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